Quelques jours après la confrontation très médiatisée entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump à la Maison-Blanche, alors que Washington, Kiev et Moscou se redessinaient un nouvel équilibre de forces, une question m'est venue : et si un autre acteur, plus discret, se trouvait lui aussi en position stratégique dans ce nouveau puzzle géopolitique ? Genève, la ville où nous travaillons, pourrait bien être ce cinquième élément.

Historiquement, Genève a toujours joué un rôle assez central dans la diplomatie mondiale, accueillant les grandes négociations, les pourparlers de paix et un nombre considérable d'organisations internationales. L'ONU, l'OMS, le CICR : autant d'institutions qui rappellent que la ville reste un lieu où se régulent, depuis des décennies, un grand nombre de tensions internationales, et où peuvent émerger, parfois, des solutions concrètes.

Dans le cas précis de la guerre en Ukraine, Genève pourrait, à mon sens, jouer un rôle non négligeable en facilitant certaines négociations entre les différents acteurs, notamment via des médiations diplomatiques plus discrètes. Si Donald Trump souhaite véritablement parvenir à un accord, il aura besoin, à un moment ou un autre, d'un terrain neutre, et Genève reste l'un des rares lieux où la Russie, l'Ukraine et les puissances occidentales peuvent encore se rencontrer sans qu'aucune partie ne perde la face publiquement.

Mais la Suisse, et Genève en particulier, doit aussi pleinement prendre conscience de cette position singulière, et chercher à l'utiliser à bon escient. Cela suppose de préserver une neutralité qui reste constructive, et qui ne se limite pas à une forme d'observation passive des événements. Genève, en tant que centre diplomatique historique, pourrait jouer, dans ce nouvel ordre mondial en pleine mutation, un rôle plus important qu'on ne l'imagine parfois depuis l'intérieur même de la ville.