Comment on travaille
Le manifeste dit ce que nous défendons. Cette charte dit comment, concrètement, on le met en pratique — et ce qu'on s'engage à faire quand on se trompe. Elle n'a de valeur que parce qu'elle est publique : n'importe qui peut la lire, la citer, et nous y confronter si on y manque.
La Suisse se classe 8e sur 180 pays au classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (2026) — un environnement plutôt favorable, mais que RSF juge fragilisé par certaines dispositions légales, notamment l'application du secret bancaire aux journalistes. C'est dans ce cadre, ni acquis ni hostile, que nous travaillons.
Toute information publiée repose sur au moins une source identifiée par la rédaction, même lorsqu'elle reste anonyme pour le public. L'anonymat protège la source, jamais la paresse du journaliste.
Une source unique non recoupée est signalée comme telle dans l'article plutôt que présentée comme un fait établi.
Un membre de la rédaction qui a un lien personnel, financier ou familial avec le sujet d'un article ne le signe pas, ou le signale explicitement.
Raw Press ne publie pas de contenu rémunéré sans le mentionner clairement comme tel, distinct visuellement du contenu éditorial.
Toute personne ou organisation mise en cause de façon factuelle dans un article est contactée avant publication. Si elle ne répond pas, l'article le mentionne et précise le délai laissé pour répondre.
Si une personne s'estime malgré tout lésée après publication, elle peut s'adresser directement à la rédaction pour faire valoir son droit de réponse (art. 28g et suivants du Code civil). En cas de désaccord persistant, le Conseil suisse de la Presse — organe d'autorégulation des médias suisses — peut être saisi avant tout recours judiciaire.
Le droit suisse distingue l'allégation de fait du jugement de valeur : critiquer sévèrement l'action ou les choix d'une personne, notamment publique, n'est en principe pas punissable, tant que cela ne l'expose pas au mépris en tant qu'être humain (art. 173 et 174 du Code pénal — diffamation et calomnie). La rédaction veille à cette distinction avant publication, en particulier sur les sujets sensibles.
Le droit civil protège aussi la réputation de toute personne (art. 28 du Code civil) contre une atteinte illicite à sa personnalité. La jurisprudence suisse rappelle que la mission d'information de la presse ne justifie pas tout : seule une information obtenue loyalement, vérifiée et conforme à la déontologie journalistique peut invoquer l'intérêt public comme motif de publication.
Une erreur factuelle signalée est corrigée dans l'article, avec une mention visible de la correction et de sa date. Rien n'est silencieusement modifié après publication.
Photographier ou filmer quelqu'un d'identifiable et publier l'image suppose en principe son consentement (art. 28 CC), sauf intérêt public prépondérant — une personnalité publique dans l'exercice de ses fonctions, un événement d'actualité majeur, une personne accessoire dans une scène de foule. Hors de ce cadre, la rédaction demande l'accord des personnes photographiées.
Toute photographie, même prise au smartphone, est protégée par le droit d'auteur dès sa création (LDA). Raw Press ne reprend pas d'image ou d'extrait d'un tiers sans autorisation ou sans relever d'une exception légale claire (citation référencée, courte, qui ne dénature pas l'œuvre ; compte rendu d'actualité). Le nom de l'auteur ou de l'agence est systématiquement mentionné.
L'identité d'une source confidentielle n'est partagée avec personne hors de la rédaction directement concernée par l'article, y compris en interne. Elle n'est jamais conservée plus longtemps que nécessaire.
En Suisse, le secret rédactionnel n'est pas qu'une promesse morale : il est inscrit dans la loi. L'article 28a du Code pénal suisse et l'article 172 du Code de procédure pénale autorisent les journalistes — et leurs auxiliaires, y compris les éditeurs — à refuser de révéler l'identité d'une source ou le contenu de leurs informations, sans encourir de sanction pénale.
Cette protection s'étend aux documents, notes, photos et enregistrements liés à une enquête : ils ne peuvent en principe pas être saisis. La loi prévoit une exception stricte, limitée aux infractions graves en matière de stupéfiants. Ce qui détermine cette protection, c'est l'exercice effectif d'une activité journalistique — pas le type de carte de presse détenue, encore moins un diplôme. Raw Press s'appuie sur ce cadre, mais ne s'y substitue pas : en cas de doute sur la portée réelle de cette protection dans un cas précis, la rédaction consulte un conseil juridique avant toute décision qui engagerait une source.
En Suisse, contrairement à des pays comme la France, aucune autorité étatique ne délivre de carte de presse officielle. La reconnaissance du statut de journaliste repose sur les associations professionnelles du secteur, qui tiennent chacune leur propre registre selon leurs propres critères d'admission.
Les cartes de presse de Raw Press sont des cartes d'agence, délivrées dans ce même cadre associatif suisse — celui-là même qui permet à toute association professionnelle du secteur, reconnue ou récente, d'attester du statut de ses membres. Leur valeur, comme pour toute carte de ce type, se construit sur le terrain : par l'usage, par les accréditations obtenues, par la confiance installée avec les institutions et les organisateurs d'événements au fil du temps.
Nous le disons sans détour : ce n'est pas un diplôme de journalisme, et nous ne prétendons pas que ça en soit un. C'est une reconnaissance du travail effectivement accompli — enquêter, vérifier, publier, assumer — dans le cadre légal et associatif qui est celui de la presse en Suisse aujourd'hui.
Aucun partenaire commercial, institutionnel ou publicitaire n'a de droit de regard sur le contenu, le calendrier ou l'angle d'un article publié sous une rubrique éditoriale de Raw Press.