Après quelques mois de retard dans la publication, Patrick reprend ici le fil de l'actualité africaine avec un survol volontairement centré sur l'Alliance des États du Sahel (AES) — Burkina Faso, Mali et Niger — un sujet qu'il juge largement sous-traité dans les médias occidentaux.
Un silence qu'il qualifie de politique
Pour Patrick, ce faible traitement médiatique n'est pas neutre : il y voit la volonté d'éviter que l'opinion européenne ne prenne la mesure des succès économiques et militaires enregistrés par les pays de l'AES en quelques années à peine, et le souhait de continuer à présenter le modèle démocratique européen comme la seule voie légitime, alors que les trois présidents de l'Alliance ne sont pas arrivés au pouvoir par les urnes. Il rappelle aussi, à charge, le rôle qu'il attribue à la diplomatie française dans les tentatives de déstabilisation de l'AES via la CEDEAO. Ce sont là ses analyses et ses prises de position, qu'il assume comme telles.
Une chronologie politique dense
Sur le plan des faits, plusieurs étapes ont marqué la période couverte. Le principe d'une Confédération entre les trois pays a été acté par traité début juillet 2024, avec une annonce de formation imminente début août par Abdourahamane Tiani. À la mi-septembre, Assimi Goïta a promis la création d'une banque d'investissement commune, d'une chaîne de télévision et d'un passeport biométrique partagés. En novembre, un accord a mis fin aux frais d'itinérance téléphonique entre les trois pays.
La sortie de la CEDEAO, annoncée comme inéluctable, a été réaffirmée mi-décembre malgré un délai de six mois proposé par l'organisation régionale — délai que l'AES a rejeté quelques jours plus tard, fin décembre, en excluant tout retour ou négociation. Le passeport commun est entré en vigueur le 29 janvier 2025. Début février, une convention culturelle commune a été signée entre les trois États, et le drapeau de la confédération — le sigle AES sur fond vert — a été dévoilé fin février après validation par les chefs d'État membres.
Ce que Patrick laisse pour de prochains textes
Il mentionne au passage des avancées économiques qu'il compte développer dans de futurs articles : le remboursement par le Burkina Faso d'une dette intérieure de près de cinq milliards d'euros, des progrès dans l'agriculture, ou encore les premiers pas d'une production automobile électrique présentée comme "made in AES". Des sujets volontairement laissés en suspens dans ce survol pour ne pas le surcharger, et qui devraient revenir dans la suite de sa couverture de la région.