Sortie de la conférence de presse du FIFDH 2026 ce matin, café encore chaud à la main, au milieu d'une salle pleine de journalistes et d'activistes qui n'avaient manifestement pas dormi beaucoup plus que moi. Cette 24e édition, qui se tiendra du 6 au 15 mars 2026, s'annonce comme l'une des plus dures de son histoire récente — et ce n'est pas un hasard si elle tombe en plein cœur de la session principale du Conseil des droits de l'homme de l'ONU (HRC61), qui se réunit à quelques rues de là.

Genève, capitale des droits humains ou du cynisme international ?

La coïncidence des dates n'en est pas une. Pendant que les diplomates négocient des résolutions dans les couloirs du Palais des Nations, le festival projette des films qui montrent ce que ces résolutions échouent souvent à empêcher. L'affiche de cette édition pose directement la question de notre rapport au réel, dans un monde saturé d'images manipulées et de récits concurrents.

Trente films, deux cents invités

La sélection annoncée ce matin compte une trentaine de films en compétition, entre fiction et documentaire, et plus de deux cents invités — cinéastes, activistes, survivants. Les axes thématiques dévoilés frappent fort : la montée des autoritarismes, qu'ils soient russes, chinois ou plus discrètement occidentaux ; les crises environnementales qui touchent directement aux droits humains, des minerais critiques aux défenseurs de l'environnement assassinés ; les peuples autochtones, les droits des femmes, les migrations forcées et la surveillance de masse. Chaque projection est suivie d'un débat — le format "un film, un sujet, un débat" — où montent parfois sur scène les personnes mêmes qui ont vécu ce que le film raconte.

Les Impact Days : transformer le cinéma en outil

Du 8 au 10 mars, les Impact Days réunissent ONG, cinéastes et financeurs autour d'une question concrète : comment transformer un film en levier d'action réelle, au-delà de l'émotion du visionnage. Cette année, l'accent est mis sur les collaborations helvétiques. C'est sans doute ce qui distingue le FIFDH d'un festival de cinéma classique : il ne se contente pas de montrer, il cherche à enclencher quelque chose après la projection.

Pourquoi ce festival compte, en 2026 plus que jamais

Entre les deepfakes produits à la chaîne, les guerres hybrides et la surveillance généralisée, le FIFDH n'a plus rien d'un simple rendez-vous culturel. Ces films ne sont pas pensés pour divertir : ils posent des questions que les grands médias préfèrent souvent éviter. Si on laisse les droits humains aux seuls diplomates et ONG, on perd quelque chose d'essentiel — ce festival le rappelle, salle après salle.

Le programme complet est disponible sur fifdh.org.